Lunettes Givenchy

Hubert De Givenchy éprouve, depuis sa plus tendre enfance, une attirance presque mystique pour tout ce qui touche, de près ou de loin, à la mode féminine. C’est en côtoyant les belles étoffes et les revues dédiées à la modeappartenant à sa mère qu’il peaufine cette vocation qui le mènera, dès l’âge de 17 ans, de son Beauvais natal à Paris. Il s’yrend plein de fougue et rêve, alors, de travailler avec le maître incontesté de la haute couture,son icône Balenciago. Il se contente, cependant dans un premier temps, d’un apprentissage auprès de Jacques Fath et Lucien Lelong. C’est à là qu’il exerce ses premiers talents et se fait ainsiremarqué par Elsa Schiaparelli qui l’appelle bientôt à travailler à ses côtés. Il restera à son service jusqu’à l’âge de 24 ans lorsqu’il décidede créer sa propre griffe. Ilne présente, à cette occasion, que quelques rares pièces de collection, son objectif étant de mesurer le succès dece style nouveau sur le marché du prêt-à-porter. Hélène Lazareff qui est, à l’époque, la directrice du magazine ELLE, convaincue du formidable potentiel du créateur, incite Hubert De Givenchy à lancer, sans plus tarder, une nouvelle ligne plus étoffée qui lui ouvrira, elle n’en doute pas, les porte de la gloire.
Il ne faudra que quelques mois au créateur pour mener à bien ce projet et c’est en 1953 qu’il se fait connaître, dans l’univers du prêt-à-porter de luxe, en créant la ligne « Givenchy University ». Celle-ci génère, aussitôt, un véritable engouement auprès des nouveaux adeptes de la marque et son succès est immédiat. Le style est, à la fois, sophistiqué et sobre, décontracté et chic et tout à la fois empreint de fantaisie et d’originalité. Le styliste est, à ce titre, un véritable perfectionniste obsédé par le souci du détail capable de transformer un vêtement casual en une pièce d’exception dédiée à la haute couture. Il use et abuse d’artifices stylistiques qui définissent son style à la fois anti-conformiste et avant-gardiste. Sa griffe est, en outre, synonyme de couleur et de gaieté et plait pour ses mosaïques aux teintes audacieuses et ses mélanges de nuances non conventionnels. Cette même année 1953, le talentueux créateur fait la rencontre de la célèbre comédienne Audrey Hepburn et dès lors leurs destinées ne cesseront jamais d’être liées. Leurs noms deviennent indissociables l’un de l’autre et le couple d’amis, dans le cadre de leur vie privée comme dans celui de leur collaboration professionnelle,suscitera à plus d’un titre la vive attention des médias. L’actrice américaine devient la muse du styliste et l’égérie de la marque. L’Américaine lui confesse, un jour, que dès le départ, elle a été littéralement subjuguée par son style inédit et hors-norme et c’est avec fidélité qu’elle représente la marque jusqu’à la fin de sa carrière de comédienne.
En 1957, Givenchy installe un laboratoire dans l’ancien appartement de Cristobal Balenciaga. Il désire, alors, mettre au point de nouvelles fragrances qui viendront compléter sa gamme de prêt-à-porter. Quelques mois lui suffiront, alors, pour lancer son tout premier parfum baptisé « De » en hommage à la particule de son nom de naissance. Peu de temps après, il signe une seconde fragrance « L’interdit » qui,aussitôt apparue sur le marché de la parfumerie de luxe, vole la vedette à quelques parfums de renom.
En 1973, face au succès incontestable de sa ligne féminine, le créateur projette de séduire le public masculin et lance sa toute première ligne consacrée aux hommes raffinés : « Gentleman Givenchy ».
En 1978, en recevant le « dé d’or », Givenchy renforce son assise sur le marché de la haute couture et la pérennité de la marque semble à jamais acquise.
L’année 1988 marque un tournant financier et marketing pour le groupe qui est racheté par le géant LVMH.
L’inépuisable source de création du maître ne sera mise à mal qu’à partir de l’année 1995 au cours de laquelle il songe à se retirer professionnellement. Le créateur s’est, en effet peu à peu, lassé des nouvelles directions stylistiques modernistes prises par l’ensemble des maisons de couture. Il décide alors de se retirer de la scène afin de se consacrer, essentiellement, à sa seconde vocation : l’antiquité. Sa place est, aussitôt, convoitée par la fine fleur de la jeunesse créatrice qui, sur fond de scandale et d’excentricité, contribue à perpétuer le prestige de la maison Givenchy. En 1996, John Galliano est le premier styliste à s’illustrer dans le cadre de cette difficile relève, suivi d’Alexander Mac Queenpuis de Julien Mac Donald en mars 2001.
En 2005, Riccardo Tisci intègre la maison de couture, incarnant, dès son arrivée, l’esprit originel de Givenchy qu’il entend bien conserver dans l’ensemble de ses créations. Il s’inspire, en effet, des collections passées, dont il prend connaissance au sein du service des archives. Il y puise l’âme des premières créations d’Hubert De Givenchy et parvient à retranscrire, avec brio, ce style inimitable cher au créateur originel. Parallèlement, il apporte un nouveau souffle aux dernières collections mais sans jamaisse détourner de la griffe du maître. Son tout premier défilé Printemps-été 2006 est couronné de succès et sa renommée s’en trouve, immédiatement,renforcée. L’année suivante, on lui confie, même, la création de la collection « hommes ». Cette nouvelle attribution fait de lui l’un des tous premiers créateurs, dans la capitale de la mode, à être à la fois à la tête des collections « hommes » et à celle des collections « femmes » et ce au sein de la même maison de couture.
Aujourd’hui, Givenchy poursuit son expansion à l’international tout en privilégiant les échanges avec les marchés européen et russe. Parallèlement, elle continue à développer ses gammes de produits qui vont de la cosmétique aux accessoires féminins (lunettes de soleil et lunettes de vue Givenchy, maroquinerie de luxe…) en passant par une vaste ligne de soins bien-être.
En 2007, la marque célèbre la nouvelle implantation de sa boutique de luxe sur le célèbre Faubourg Saint-Honoré à Paris qui offre ainsi une troisième vitrine de prestige à Givenchy pour vetements et lunettes de soleil.
Pour ses dernières campagnes, Givenchy a choisi d’associer son image à celle d’un mouvement très controversé qui est celui de l’homosexualité. C’est, en effet, en jouant sur l’ambiguïté des sexes et des genres que la marque s’inscrit dans ce combat en faveur de la reconnaissance et de la légitimité des homosexuels. Elle fait, ainsi, appel, dans le cadre de sa campagne d’hiver 2011, au mannequin transsexuel brésilien Léa T. Le créateur des dernières collections de prêt-à-porter, lancées au cours des deux dernières années, n’est autre que l’indétrônable Riccardo Tisciqui utilise le mélange des genres et des styles afin d’illustrer, en son nom propre, son action et son engagement contre l’homophobie ambiante. La collection « hommes » se distingue alors très peu de la collection féminine et la ligne de vêtements dessinée par le créateur se prête à l’une comme à l’autre. Les mannequins ont, ainsi, des allures d’androgynes et deux d’entre-elles échangent un baiser au centre de l’affiche publicitaire.Naomi Campbell participe, également, à la nouvelle campagne de communication Automne 2011 et c’est revêtue de noir que la panthère prête sa sensuelle férocité à la marque. Le cri de la bête sauvage qu’incarne le top-modèle est, ici, immortalisé sur papier glacé et c’est agenouillée sur un coussin luxueux qu’elle dégage toute sa puissance animale empreinte de féminité et d’exotisme. Liv Tyler qui était, jusqu’à présent, l’égérie du parfum : « VeryIrresistible » devient,en 2011, la nouvelle icône de la gamme Make-up Givenchy.


